A 27 ans, il fait le tour de France des fortifications Vauban à pied ou en vélo
Publié le 31 juillet 2026
par Bertrand Spiers
Descendant en droite ligne de Vauban par sa fille aînée, Charlotte Le Prestre de Vauban, le jeune Eloi Guigon, 27 ans, ébéniste de métier, veut rendre hommage à l'oeuvre du maréchal de France d'une manière originale. Parti depuis la Bourgogne le 1er mai 2026, il fait le tour de France des fortifications qu'a conçues son illustre aïeul. A vélo ou à pied le plus souvent. Arrivée prévue le 30 mars 2027, 320 ans jour pour jour après sa mort. Nous l'avons croisé au bord de la Manche et servi de guide pour visiter l'un des monuments emblématiques du génial bâtisseur, le fort d'Ambleteuse.
Il nous avait donné rendez-vous un beau matin de juillet. Il est arrivé en retard dans l'après-midi mais il avait une bonne excuse ! Malgré 4300 km au compteur de son vélo, Eloi Guigon, ébéniste de métier, affichait un sourire radieux. Le matin, il avait rendu visite à une institution à Calais pour de jeunes handicapés... Hasard d'une rencontre la veille avec celle qui l'avait hébergé. Calais la veille, Gravelines, Lille, Maubeuge, Le Quesnoy... autant de cités que ce Bisontin connaissait de nom sans se douter qu'un jour il les visiterait les unes après les autres.
"Parfois, je suis super bien accueilli ! Ces jeunes handicapés à Calais m'ont offert leurs dessins et ça m'a ému. Je leur ai promis de les confier à la fondation Vauban à l'issue de mon périple". L'exploit physique qu'est en train d'accomplir ce jeune sportif passionné de trail n'est pas mince et force l'admiration. il se double d'une entreprise culturelle unique : relier chaque monument de France et de Belgique où Vauban a laissé son empreinte. Un voyage de 11 mois ! Deux ans de préparation intensive. Un planning respecté presque à la lettre. "Mon patron a accepté mon projet un peu fou et a promis de me reprendre quand j'aurais terminé".
Comme Léonard de Vinci ?
Eloi Guigon est tombé dans la marmite Vauban par tradition familiale. Descendant direct de la fille aînée du marquis Sébastien Le Prestre de Vauban, Charlotte (épouse de Jacques-Louis de Mesgrigny), le jeune homme est fasciné par l'oeuvre de son aïeul. "Je le compare souvent à Léonard de Vinci ! Il avait une capacité d'observation de son pays tel qu'il était au siècle de Louis XIV. On a calculé qu'il avait parcouru 180 000 km dans sa vie. Il était proche des petites gens, des paysans puisqu'il était issu d'une noblesse bourguignonne très rurale. Mais il savait aussi parler aux puissants et avait l'oreille du roi..."
Quand on lui parle de Vauban, Eloi est intarissable. "Il avait proposé au roi Louis XIV d'instaurer une dîme royale de 10%, le premier impôt sur le revenu ! Car il n'oubliait pas ses origines. Il avait ainsi calculé combien de porcelets une truie devait mettre bas pour qu'une famille puisse subvenir à ses besoins. On dit de lui qu'il est à l'origine de l'INSEE : il avait dressé les statistiques précises du canton de Vézelay, là où résidait sa famille. Il s'intéressait aux fortifications, naturellement, au dessin, au calcul, à l'hydraulique... c'était un génial touche-à-tout !" A Bazoches, au sud de Vézelay, le château que lui a offert Louis XIV pour le remercier de ses immenses services rendus à la France abrite toujours aujourd'hui un musée passionnant sur son oeuvre.
En kayak ou à skis
Ce jour-là à Ambleteuse, il visitait une fortification étonnante au bord de la Manche. Le lendemain, il partait en direction de Montreuil sur mer. Cap ensuite vers le Cotentin. Saint Vaast la Hougue, le fort de Tatihou... bientôt Saint-Malo où il descendra de son vélo pour emprunter à pied le GR 34. Traversée des Pyrénées à pied, descente (s'il a les autorisations) du canal du Midi en kayak. Les Alpes aussi, skis de randonnée aux pieds. Vauban a laissé son empreinte partout, pas toujours facile à suivre ! L'idée de relier tous ces monuments à la force physique s'est imposée naturellement chez ce jeune sportif.
Eloi nous a quittés deux heures après sa visite, son vélo à la main. "C'est cool ce que vous faites ici, à Ambleteuse". L'association des amis du fort d'Ambleteuse, tous bénévoles, veille en effet à perpétuer l'oeuvre de Vauban. Contre vents et marées. Un travail là-aussi de passionnés. Comme ce jeune homme et son incroyable odyssée. Bonne route !
"Parfois, je suis super bien accueilli ! Ces jeunes handicapés à Calais m'ont offert leurs dessins et ça m'a ému. Je leur ai promis de les confier à la fondation Vauban à l'issue de mon périple". L'exploit physique qu'est en train d'accomplir ce jeune sportif passionné de trail n'est pas mince et force l'admiration. il se double d'une entreprise culturelle unique : relier chaque monument de France et de Belgique où Vauban a laissé son empreinte. Un voyage de 11 mois ! Deux ans de préparation intensive. Un planning respecté presque à la lettre. "Mon patron a accepté mon projet un peu fou et a promis de me reprendre quand j'aurais terminé".
Comme Léonard de Vinci ?
Eloi Guigon est tombé dans la marmite Vauban par tradition familiale. Descendant direct de la fille aînée du marquis Sébastien Le Prestre de Vauban, Charlotte (épouse de Jacques-Louis de Mesgrigny), le jeune homme est fasciné par l'oeuvre de son aïeul. "Je le compare souvent à Léonard de Vinci ! Il avait une capacité d'observation de son pays tel qu'il était au siècle de Louis XIV. On a calculé qu'il avait parcouru 180 000 km dans sa vie. Il était proche des petites gens, des paysans puisqu'il était issu d'une noblesse bourguignonne très rurale. Mais il savait aussi parler aux puissants et avait l'oreille du roi..."
Quand on lui parle de Vauban, Eloi est intarissable. "Il avait proposé au roi Louis XIV d'instaurer une dîme royale de 10%, le premier impôt sur le revenu ! Car il n'oubliait pas ses origines. Il avait ainsi calculé combien de porcelets une truie devait mettre bas pour qu'une famille puisse subvenir à ses besoins. On dit de lui qu'il est à l'origine de l'INSEE : il avait dressé les statistiques précises du canton de Vézelay, là où résidait sa famille. Il s'intéressait aux fortifications, naturellement, au dessin, au calcul, à l'hydraulique... c'était un génial touche-à-tout !" A Bazoches, au sud de Vézelay, le château que lui a offert Louis XIV pour le remercier de ses immenses services rendus à la France abrite toujours aujourd'hui un musée passionnant sur son oeuvre.
En kayak ou à skis
Ce jour-là à Ambleteuse, il visitait une fortification étonnante au bord de la Manche. Le lendemain, il partait en direction de Montreuil sur mer. Cap ensuite vers le Cotentin. Saint Vaast la Hougue, le fort de Tatihou... bientôt Saint-Malo où il descendra de son vélo pour emprunter à pied le GR 34. Traversée des Pyrénées à pied, descente (s'il a les autorisations) du canal du Midi en kayak. Les Alpes aussi, skis de randonnée aux pieds. Vauban a laissé son empreinte partout, pas toujours facile à suivre ! L'idée de relier tous ces monuments à la force physique s'est imposée naturellement chez ce jeune sportif.
Eloi nous a quittés deux heures après sa visite, son vélo à la main. "C'est cool ce que vous faites ici, à Ambleteuse". L'association des amis du fort d'Ambleteuse, tous bénévoles, veille en effet à perpétuer l'oeuvre de Vauban. Contre vents et marées. Un travail là-aussi de passionnés. Comme ce jeune homme et son incroyable odyssée. Bonne route !
